6 heures du matin ! La sonnerie du réveil vient de vibrer ; une rapide tape sur le mécanisme évitera que toute la maisonnée ne soit réveillée à cette heure terriblement matinale. Pourtant il est temps de se lever et la nuit n’aura pas été bien longue. Déjà, hier, avec quelques volontaires, il a fallu ranger les dizaines de tables, prévoir les chaises, mesurer les linéaires, identifier les emplacements, tracer les limites, vérifier les listes, préparer les fonds de caisse… Le petit déjeuner sera rapide : juste un coup d’œil au journal, quelques pages rapidement tournées et il faudra partir ; tout est prêt dans la serviette posée dans le couloir : les documents et autres affiches, les imprimés remplis, la liste des exposants, les règlements…
Le jardin est vite traversé ; le chant fringant des oiseaux remplit l’air vivifiant du matin et la rosée fraîchement posée brille aux lumières des réverbères. Vers l’est, les premières lueurs de l’aube traversent les feuillages frémissants ; le ciel est presque sombre et déjà le vent virevoltant laisse penser que la journée ne sera pas trop belle ; c’est tant mieux ; s’il ne faut pas de pluie il ne faut pas non plus du grand beau temps ! La ville est calme ce matin et s’éveille lentement pendant qu’Il se dirige vers le grand pont qu’Il doit traverser ; quelques questions Lui viennent à l’esprit mais tant pis, Il verra tout cela sur place.
Le long du quai est désert ; seule, l’Aulne au flux tranquille continue sa course vers la mer ; le gymnase, la piscine, la Gilap, et déjà Coatigrach est en vue ; quelques voitures y sont stationnées et Il sait que l’effervescent ballet va bientôt commencer ; le temps de claquer la portière et Il retrouve Jean-Pierre, Christian, Michèle, Joël, Yannick, Jean-Christophe ; chacun est à son poste et pour la dernière fois Il va manager son équipe ; les autres n’arriveront qu’un peu plus tard et prendront à leur tour les responsabilités qui leurs sont attribuées. Pour l’heure, Il doit vérifier les arrivées des exposants et leurs assigner leur emplacement ; en peu de temps le flot va grossir et ce n’est que cliquetis des chariots, vaisselle qui s’entrechoque, cartons et caisses qui se frôlent, mille bruits qui s’entremêlent et s’étalent avec le brouhaha d’un monde qui s’installe ! Dans ce délicieux désordre chacun trouve sa place et bientôt tout est prêt ; le bar et ses cafés où officie Nicolas, l’entrée et sa caisse sous la haute autorité d’Aude et de Guy, la surveillance discrète de Joël et l’aide d’Alain.
Pendant ce temps, Il veille au bon déroulement des mises en place et à la satisfaction de chacun ; la plupart des exposants Le connaissent depuis la dizaine d’années qu’Il mène à cette organisation qui n’a plus de secret pour Lui. Lui aussi les connaît bien avec leurs habitudes, leurs envies ou leurs manies.
Les premiers chalands reçoivent leur droit d’entrée moyennant une modique somme qu’ils doivent acquitter ; ils peuvent dès lors flâner dans les allées aux multiples découvertes. Et voilà, la journée est lancée et chacun espère faire les meilleures affaires du monde. Dans ce grand bazar hétéroclite s’amoncellent des montagnes d’objets, de l’ancienne carte postale à la faucille à blé, du vieux livre jauni aux jeux électroniques, de la poupée de cire au porte-clés en bronze …. Rares ou communs, anonymes ou remplis de souvenirs, ils offriront à l’œil averti ou au badaud nonchalant l’occasion de marchander plus que de coutume et, parfois plus que de raison, le prix du trophée qu’ils exhiberont fièrement comme l’affaire du siècle…
Plus d’un millier de personnes viendra visiter l’endroit et passer un bon moment devant ces étalages bien garnis, faisant de ce cru 2010 un record de fréquentation ; Jean-Christophe, Yves, Jérémie n’auront que peu de relâche derrière le bar où ils peuvent servir à boire et à manger ; Nicolas, Yannick, Christian s’activent dès midi autour de la grosse friteuse et des saucisses à cuire pour garnir sandwichs ou barquettes.
Tout se passe admirablement bien ; Il passe de temps en temps à l’entrée pour s’enquérir de la progression des visiteurs, s’en va au bar discuter avec des habitués, distribue de la monnaie où on en demande et promène un œil satisfait sur ce qui, une nouvelle et dernière fois sera Sa réussite. Son dixième challenge, aujourd’hui parfaitement rôdé, qu’Il a construit et mis sur pied est devenu l’un des plus prisé et des plus fréquenté de la région : 1600 visiteurs, 140 exposants, une petite restauration organisée, une convivialité appréciée, même une météo toujours clémente, et une aubaine pour l’association qui pourra ainsi boucler son budget dédié aux jeunes.
17 heures 30 ! Guy vient d’arrêter les entrées : record battu ; depuis quelques minutes certains déballeurs remballent car la journée a été longue. Les derniers visiteurs vont essayer de chiner une fois de plus.
Pour Lui et tous ceux qui l’’accompagnent commence la dernière phase de cet manifestation : le nettoyage et la mise en ordre du site ; encore une bonne heure de travail où malgré la fatigue et le calme soudain, il faut achever la tâche et laisser l’endroit dans un parfait état. Et chacun d’en prendre sa part : ramasser les chaises, reprendre les tables au fur et à mesure de leur libération, dégager les tréteaux, et nettoyer le sol. D’autres nettoieront bar, frigo, tables de services ou embarqueront le matériel qu’il faut rentrer ; lentement, comme rythmé par le jour qui s’éteint, le silence va prendre place et apporter un peu de calme autour du bar.
Mais qu’importe, la journée a été belle et elle va s’achever par un rassemblement convivial qui clôturera cette fête ; PPVR, presque le menu des soirs de rencontres sportives ramènera la plupart des bénévoles à se restaurer et à commenter, une fois de plus, ce qui a été un événement. Lequel ? Mais le DIZIEME VIDE-GRENIER du TTJA de Châteaulin aux commandes duquel s’est trouvé, pour la dernière fois Michel BODENAN. Merci Michel pour tout ce travail abouti qui ne demande maintenant qu’à continuer. Il t’aura demandé beaucoup d’efforts et nous aura apporté beaucoup de satisfactions. La soirée va se terminer dans peu de temps, les portes se refermeront sur ce théâtre et chacun regagnera ses pénates heureux du travail accompli. Et la nuit sera bonne…
Mais chutt… pour l’heure le Président vient de prendre… la parole…. !
Guy LE FLOC’H, Chargé de Communication du TTJA Châteaulin (Vide Grenier du 9 mai 2010)